Famille Grandjean, communière de Buttes

branche établie dans les Ardennes

par Fabienne Grandjean, Haudrecy, Ardennes
 
L'une des branches de la famille Grandjean de Buttes aboutit en France dans les Ardennes. Il s'agit de Jonas, descendant de la branche de Thiébauld. Né en 1749 à La Côte-aux-Fées, il était le fils de Jonas Grandjean, maître maçon, et de Sara Leuba.
C'est en effectuant son service militaire dans le régiment de Diesbach qu'il fut amené à séjourner en France et notamment dans les Ardennes. En 1773, il était domicilié dans la commune de Sept Fontaines et Fagnon.
Pour pouvoir épouser une Française, Jeanne Promera, et rester en France, Jonas demanda un congé absolu à son capitaine. Jeanne était catholique. Il dut donc renoncer au protestantisme en 1774. C'est à compter de cette date que la famille Grandjean devient catholique. Le père de Jonas refusa de donner son consentement pour procéder à l'abjuration de son fils. Le protestantisme était décrit par l'Eglise catholique comme une secte et ses pratiquants étaient déclarés hérétiques. Le père de Jonas refusa également de donner son accord pour le mariage.
Le premier Grandjean né dans les Ardennes fut Jérôme, né en 1774 à Neuville Les This. Mais il ne vécut que 15 mois. Pierre Jonas, second fils de Jonas et Jeanne, était maçon, domicilié à Neuville Les This. Il eut 11 enfants dont 5 fils. Un seul de ses 11 enfants ne survécut pas à l'enfance: Alexandre Théophile, décédé à l'âge de 8 mois. Trois des autres fils ainsi que Pierre Jonas étaient tantôt maçon tantôt tailleur de pierre.
Le premier Grandjean domicilié à Belval fut Jean Sébastien en 1855. Il fut d'abord tisserand, puis maçon.
Le premier Grandjean domicilié à Ham Sur Meuse fut Jean Nicolas vers 1838, suivi de son frère Pierre Alexandre. Ne trouvant peut-être pas de travail aux alentours de Neuville Les This, ils montèrent dans la Vallée de la Meuse travailler dans les carrières de pierre. Ils étaient tour à tour, maçon, tailleur de pierre, carrier, journalier, et garde champêtre vers l'âge de 62 ans. Pierre Alexandre occupait encore cette fonction en 1890. Il avait 69 ans. Tous deux ont épousé des femmes originaires de Ham Sur Meuse et se sont établis définitivement dans la région.
C'est ainsi que la famille Grandjean, implantée à Neuville Les This, s'est séparée en deux axes principaux: Bel val et Ham Sur Meuse. A noter que le 4ème fils, Jean Nicolas Dieudonné, était considéré en 1875 comme disparu sans laisser d'adresse par ses frères et soeurs depuis 15 ans.
Le développement du chemin de fer va annoncer un renouveau et permettre aux familles de la Vallée qui connaissaient des conditions de vie difficiles de se reconvertir dans une voie moins précaire. Il faut dire qu'à une époque, Ham Sur Meuse portait le triste nom de Ham Les Malades. C'est ainsi que François Lambert et la plupart de ses fils passent de journalier, tailleur de pierre à employé de chemin de fer de la Companie de l'Est.
Plus de traces de la famille Grandjean à Hame Sur Meuse début 1900. Certains ont suivi la compagnie de chemin de fer et se sont installés dans un premier temps à Anchamps, puis définitivement à Revin.
De nos jours, il n'y aurait plus de Grandjean dans la petite commune de Ham Sur Meuse d'après l'employé de mairie. Si l'on consulte la liste des abonnés de l'annuaire téléphonique, il n'y a plus de Grandjean actuellement à Revin.
Néanmoins, deux personnes dont le nom de jeune fille est Grandjean, demeuraient encore dans cette commune en 1996. Il s'agit de Lucette Grandjean, fille de Henri Aurélien, brigadier des douanes, et Yvette Grandjean, fille de Auguste Aimé François qui était employé SNCF. Les autres ont quitté le département pour la région parisienne.
Par contre, il reste des Grandjean à Belval. L'un d'entre eux, Charles Raymond, s'est installé à Tournes en 1924 comme charcutier. Dans les années soixante, Guy Paulin est parti à Genève pour des raisons professionnelles. A ce jour, son fils et son ex épouse résident toujours dans le canton de Genève, et ont adopté la nationalité suisse.

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